#BalanceTonEhpad, ces témoignages qui reflètent ce que les soignants (et les familles) ne veulent plus voir

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#BalanceTonEhpad, ces témoignages qui reflètent ce que les soignants (et les familles) ne veulent plus voir.

EHPAD – « Balance ton porc », « balance ton hosto » et désormais, « Balance ton EHPAD ». Cette fois, ce sont les personnels des Etablissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) qui se sont saisis des réseaux sociaux pour faire part de leur mal-être, avant la manifestation prévue ce mardi 30 janvier pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Sur Twitter, ce sont principalement les soignants qui s’expriment. Et les témoignages dressent tous le même constat: un manque de moyens humains et financiers qui aboutit à ce que certains n’hésitent pas à qualifier de « maltraitance » envers les patients, et qui les a poussés parfois à la reconversion.

Une situation que dénoncent également des proches des personnes âgées placées dans ces établissements.

La réforme de la discorde

A en croire les témoignages, la situation est loin d’être nouvelle. « Cela fait dix ans qu’on attend une grande mobilisation nationale, souligne ainsi dans Libération Sandrine Ossart (CGT), aide-soignante en EHPAD depuis vingt-six ans. On a besoin de dire qu’on est cassés, usés. »

Mais si la crispation a atteint ce point de non-retour, c’est en grande partie à cause de la réforme du financement des maisons de retraite médicalisées. Jusqu’à présent, les EHPAD étaient financés en partie par l’Assurance Maladie (en charge du budget « soin » relatif au personnel et aux équipements médicaux), par les départements (pour le budget « dépendance » qui sert aux prestations d’aide et de surveillance des personnes en perte d’autonomie) et enfin par les résidents ou leur famille.

Votée sous le précédent quinquennat et poursuivie par l’actuelle majorité, la réforme controversée vise à faire converger progressivement, de 2017 à 2023, les budgets des EHPAD publics (qui représente 43% des établissements) avec ceux du privé sur les enveloppes « soins » et « dépendance ».

Un nouveau mode de calcul qui devrait permettre de faire gagner globalement en sept ans près de 400 millions d’euros aux établissements, selon la Caisse nationale de Solidarité pour l’autonomie. Le gouvernement défend de son côté une réforme qui ne ferait que 10% de perdants « dont la majorité dans le secteur public » selon la ministre de la santé Agnès Buzyn. Et pour les EHPAD lésés, une enveloppe de 50 millions d’euros sera être débloquée pour financer « au cas par cas » les besoins des établissements, a-t-elle annoncé le 25 janvier dernier à l’antenne de RTL.

Mais ses promesses n’ont pas calmé les syndicats de personnels soignants, qui ont unaniment appelé à la manifestation, soutenus par certaines associations. La Fédération hospitalière de France estime ainsi que le nouveau mode de calcul des budgets « dépendance » va faire perdre 200 millions d’euros en sept ans aux établissements publics et obliger de nombreuses structures en difficultés à réduire leur personnel. « Il est inacceptable qu’on prenne à des établissements pour donner à d’autres, dans un secteur notoirement sous-doté », estime ainsi Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées.

Ce mardi, le mot d’ordre de la manifestation sera donc « un agent par résident », alors que le ratio est actuellement de 0,6. Le gouvernement s’est déjà dit prêt à nommer un médiateur pour avoir une idée précise du nombre d’EHPAD désavantagés par la réforme. Mais la ministre de la santé a cependant regretté un « EHPAD bashing dans la presse », tout en reconnaissant certains dysfonctionnements. « Je ne veux pas les nier, ce sont des réalités, mais ce ne sont pas non plus des généralités », a affirmé Agnès Buzyn à l’issue d’une visite dans un hôpital gérontologique en fin de semaine.

Elle a également a rappelé que les moyens alloués aux EHPAD ont été augmentés de 100 millions d’euros dans le budget 2018 de la Sécurité sociale, dont 72 millions d’euros pour créer des postes de soignants dans les EHPAD et 28 millions pour les établissements en difficultés, sans compter les 50 millions promis pour combler les failles de la réforme.

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