Le procès de Jawad Bendaoud suspendu après une très vive altercation entre les prévenus

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Le procès de Jawad Bendaoud suspendu après une très vive altercation entre les prévenus

JUSTICE – La tension monte encore d’un cran au procès de Jawad Bendaoud. « Le logeur des terroristes » et son complice présumé Mohamed Soumah, se sont hurlés dessus, lundi 29 janvier, lors du quatrième jour de procès.

Selon les journalistes présents à l’audience, c’est une question d’un des avocats de la partie civile qui a déclenché les hostilités. « Fils de pute! » et « Nique ta mère! », aurait notamment été lâché avant que la présidente ne suspende l’audience pendant quelques minutes.

Les débats ont finalement pu reprendre, malgré la tension ambiante comme en témoigne le récits des journalistes présent au tribunal correctionnel de Paris.

« Je devais toucher 150 euros. Mais même avec trois zéros, pour 150 000, je n’aurais pas hébergé des terroristes », a déclaré Jawad Bendaoud à la 16ème chambre du tribunal correctionnel.

« Je préfère prendre six ans et que la vérité soit faite, plutôt qu’être relaxé et toujours être pris pour un menteur, être interrogé dans la rue », a-t-il dit. Jugé pour « recel de malfaiteurs terroristes », ce délinquant multirécidiviste encourt six ans de prison.

Le tribunal s’est intéressé à la personnalité des prévenus. Jawad Bendaoud est le troisième de cinq enfants. Sa famille est originaire du Maroc; son père a été restaurateur et formateur en bâtiment, et sa mère assistante maternelle. « Tous mes frères ont bien réussi », a-t-il expliqué. L’ainé est mécanicien pour Airbus, un autre gère une boutique d’antiquité. Le prévenu a eu « une scolarité laborieuse », selon l’étude de personnalité. A 20 ans, il est entré dans une spirale carcérale. Il ne souffre, selon les experts, d’aucune pathologie psychiatrique, mais présente « une intolérance à la frustration ».

Mohamed Soumah, également jugé pour « recel de malfaiteurs », pour son rôle d’intermédiaire, est entré en prison pour la première fois à 16 ans. A 28 ans, il a passé neuf ans en détention, notamment pour des faits de vol avec violence, et des violences contre personne dépositaire de l’autorité publique. « C’est un cercle vicieux. Il faut en sortir », a-t-il dit à la présidente.

Il a évoqué ses relations avec ses frères et soeurs. « Moi, j’avance à gauche. Mon petit frère et ma petite soeur, j’aimerais qu’ils avancent à droite ». Et la présidente de répondre, en souriant: « Je préférerais tout droit! ».

Jawad Bendaoud n’a pas râté l’occasion de faire son show, notamment en décrivant sa détention, à l’isolement, et sa rencontre à Fresnes avec un rat. « Je le regarde. Il me regarde. Je lui donne du fromage. Il se met debout. (…) Avec sa petite patte, il fait genre: ‘File-moi le fromage ‘ ».

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