Robert Bourgi se contredit même dans son opération vérité sur les costumes de Fillon

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POLITIQUE – C’est l’histoire d’une vengeance qui a probablement coûté la présidentielle à François Fillon. Un an après le PenelopeGate et l’affaire des costumes qui a achevé de décrédibiliser le vainqueur de la primaire de la droite et du centre, un des acteurs clés de ce psychodrame, le sulfureux avocat Robert Bourgi, s’invite à nouveau dans les médias pour y détailler le piège qu’il affirme avoir tendu à l’ancien premier ministre.

Proche de la chiraquie puis de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi est l’un des témoins clés des deux documentaires diffusés par BFMTV ce soir et par France5 le 4 février consacrés à la descente aux enfers de François Fillon pendant la présidentielle. Témoin clé, c’est lui qui a offert les fameux costumes d’Arnys au candidat LR pour une valeur de 13.000 euros avant de tout dévoiler à la presse, Robert Bourgi n’en demeure pas moins un témoin controversé, comme l’indiquent ses démêlés judiciaires passés et les variations de son discours au fil du temps.

Vengeance tardive ou préméditée?

A en croire sa version des faits narrée ce lundi 29 janvier sur BFMTV, Robert Bourgi aurait d’emblée décidé de « tuer » politiquement son « ami » François Fillon en lui proposant de lui offrir les fameux costumes au lendemain de la primaire. « J’avais déjà conçu le projet, que j’ai réalisé, de ‘niquer’ François Fillon » bien avant que n’éclate l’affaire impliquant l’épouse de l’ancien premier ministre au mois de janvier 2017, assure aujourd’hui Robert Bourgi.

« Je lui dis comme je te sais amoureux de belles choses, je vais t’offrir trois costumes chez Arnys. […] Je vais chez Arnys, je commande trois costumes que je ne règle pas. […] Donc je laisse passer novembre, décembre, janvier, et février », explique-t-il. « Dès le 10 janvier, j’ai dit à Sarkozy: Fillon n’ira jamais à l’Elysée parce que je vais le niquer. J’avais ourdi le complot. Je savais que les costumes commandés en novembre, à cause du comportement de Fillon à mon égard, que j’allais payer ces costumes par chèque et que j’allais appeler mon ami Valdiguié pour lui montrer le chèque », journaliste au Journal du Dimanche qui dévoilera l’affaire des costumes.

En juillet 2017, le même Robert Bourgi témoignait sur le même sujet dans l’émission de France2 « Complément d’enquête ». A l’époque, il n’était pas question d’un « complot ourdi » dès le départ mais bien d’une décision prise sur le tard pour se venger d’une déception amicale. A l’époque, Robert Bourgi ne parlait pas de trois costumes offerts mais de deux et il assurait qu’au moment d’offrir ce somptueux cadeau, lui-même était convaincu que François Fillon allait perdre la primaire.

« Et voilà François Fillon vainqueur de la primaire. Je suis allé chez Arnys, j’ai commandé deux costumes, j’ai payé ces deux costumes et j’ai dit au maître tailleur ‘vous vous manifestez auprès de M. Fillon’. Et il l’a payé cher », expliquait-il en juillet dernier, insistant sur sa déception de ne plus être reçu par François Fillon pendant la campagne.

Pendant l’été 2017, Robert Bourgi avait affirmé au magazine Vanity Fair qu’il avait pris sa décision de dénoncer François Fillon après l’avoir entendu prononcer un mot désagréable à son endroit. Anecdote également évoquée ce lundi sur BFMTV.

En clair: avant, Robert Bourgi affirmait s’être décidé au dernier moment, en janvier 2017, en réaction à l’ingratitude de François Fillon; aujourd’hui, Robert Bourgi assure avoir piégé François Fillon dès le mois d’octobre 2016. Une inconstance également soulignée par le journaliste Laurent Valdiguié, aujourd’hui salarié à l’Ebdo.

Une amitié intéressée éconduite

Même l’anecdote du Ritz évolue selon les saisons. Evoquant ce lundi ce petit déjeuner pris avec François Fillon dans ce luxueux hôtel avant la fin de la primaire, Robert Bourgi assure aujourd’hui lui avoir fait un « violent » reproche concernant son attitude vis à vis de Nicolas Sarkozy. Au mois de juillet, le même Robert Bourgi évoquait au contraire un entretien amical tout en précisant lourdement avoir réglé la note.

Si les détails de cette vengeance varient en fonction de l’époque, ses motivations, elles, semblent constantes. « J’ai décide de le tuer d’abord parce qu’il a violé toutes les règles de l’amitié à mon encontre. J’ai toujours été correct avec lui, toujours été fidèle, j’ai toujours défendu la position de Fillon auprès de Nicolas [Sarkozy] », a expliqué celui qui fut une des dernières figures de la Françafrique et très proche de l’ancien président de la République.

En juillet dernier, Robert Bourgi se plaignait déjà de ne pas avoir été considéré par François Fillon tout en lui reprochant d’avoir été « ignoble » avec son ami Nicolas Sarkozy. Mais sur BFMTV, Robert Bourgi a bien sous-entendu que cette amitié éconduite était aussi intéressée. « Je lui ai dit par texto: les compagnons de Sarkozy veulent te servir, prends les dans ton comité. Aucune réponse. Il m’a humilié », raconte Robert Bourgi.

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